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Sale temps qui passe

22.02.2016

Sale temps qui passe. Décembre 2007, j’ai les pieds dans la boue je pousse vaillamment un bout de chou de 7 ans qui pour la première fois participe à une course avec son père, c’est le téléthon 2007, le club de Tourves a organisé un run and bike. 5 kilomètres de course, 20 de vélo, et 5 kilomètres de course pour finir. Le cadre est idyllique mais boueux dans le domaine du Billardier. Notre équipage finit bon dernier mais nous sommes tous les deux très fiers d’être allés au bout.

 

Février 2016, j’ai lutté pendant une heure avec la désormais patrouille de France composée du beau fils idéal, et du non moins gentil maçon jardinier. Après un énième affront, je retrouve le groupe 2 qui nous attend devant U Culture. A peine le temps de se reconstruire un semblant de motivation et me voilà parti dans un 10x3mn improbables.

 

Comme depuis début septembre, je suis escorté par mon gamin de 15 ans et demi qui me dépasse désormais de 4 cm (1m84). Les jambes s’alourdissent de plus en plus et à partir de la sixième série, je commence à trouver le temps long. Je suis bien décidé à ne pas me faire déposer une deuxième fois dans la matinée. Je vois bien le manège qui consiste à ne pas tout à fait revenir en arrière pour chercher le reste du groupe, et de partir avec quelques mètres d’avance qui m’obligent systématiquement à combler le retard.

 

Le vieux renard que je suis, se dit qu’il va falloir en abordant la neuvième plaque user l’adversaire pour mieux se préparer au combat de la dixième. Je fais en sorte de ne prendre cette fois aucun mètre de retard et pars directement sur un train prompt à jeter le doute chez mon adversaire. Aïe aïe aîe me dis-je lorsque je constate que malgré mes efforts celui-ci reste scotché à mes basques. Je ne relâche pas l’effort, lève la main pour marquer la fin de la répétition et fait mine de repartir nonchalamment pour essayer de mettre le doute chez la descendance. La minute trente de repos file en un éclair, je lance le compte de la dernière plaque. Cinq, quatre, trois, deux, un…

 

Je mets tout ce que j’ai, je pars comme une balle, histoire de tuer dans l’œuf toute velléité de la jeunesse. J’ai pris quelques mètres, rapide coup d’œil c’est bon mon plan a fonctionné. Je ne relâche pas, je me suis fait avoir par un excès de confiance juste avant Noël. J’accélère même, je jette un œil au chrono, il reste 1mn20, je serre les dents.

 

Beau boulot me dis-je…Sauf que le grand dadet n’a pas dit son dernier mot, la petite montée de l’autoroute et je l’entends s’approcher, il me recolle, put… mais c pas possible, ce petit con me double, je regarde mon chrono il reste 40 secondes. Mon cerveau lance un SOS à mes jambes, faut y aller…je me dis que la fulgurance de son retour et de son attaque ont sans doute un peu présagé du reste de ses forces. Je tente le contre et là…non mais Là le coup de rein de la jeunesse me laisse à 10 puis 15 puis trente mètres.

 

C’est Waterloo, je viens de prendre 10 ans en moins de 50 mètres. Je suis obligé de crier pour qu’il entende la fin de la série. Comme mon Pitaut et mon Rossi étaient revenus vers moi le 16 janvier, l’idiot du village fait mine d’embrasser une foule virtuelle qui aurait assisté à son exploit. Il gesticule, trépigne, sourit. Son retour vers le reste du groupe est cette fois triomphant il ne court plus, il vole. Rien avoir avec les demi-tours volontairement poussifs d’entre les séries. Les félicitations lancées à la volée par l’ensemble des ingrats dont je m’occupe chaque semaine sont lamentables, ma propre femme (sa mère) elle-même est hilare. Je le dis et je le redis « on n’est jamais trahi que par les siens ».

 

Avec beaucoup de philosophie (c’est le genre de truc qu’on embrasse volontiers les jours de défaite), je prends ça avec le sourire. Nous rentrons chez nous vers 11h45, à midi il a téléphoné à son parrain (mon frère) et ses papys et au reste de la famille. Comme son père il a le triomphe modeste…

 

 

Voilà 10 ans viennent de s’écouler, entre les flaques de boue tourvaines et cette petite montée d’autoroute. Le temps est impitoyable, je vieillis. La seule bonne nouvelle dans tout ça c’est que je pense avoir fait un bon pari. Je vais continuer à prendre roustes sur roustes le samedi à 8h45 ; tout en constatant à 10h que mes deux bourreaux connaitront eux aussi un jour leur grand moment de solitude lorsque la jeunesse leur rappellera avec très peu de délicatesse leur carte d’identité. Ce jour-là, j’espère que mon vélo et moi pourrons assister en direct aux débats mais aussi à ma vengeance.

 

 

 

 

 

 

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